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Interro surprise

Samedi 15 mars 2008

quiadit.jpg La première réflexion que je voudrais faire sur la question du pouvoir politique, ou plutôt de l’absence de pouvoir politique parfois, c’est, que dans nos sociétés européennes, en tout cas en France, et en Allemagne, nous assistons depuis une vingtaine d’années, peut-être une trentaine d’années, à un phénomène assez nouveau qui est la prolifération des peurs. Nous voyons apparaître pratiquement chaque années de nouvelles peurs. Nous avons peur, nous les Européens, pratiquement de tout. Nous avons peur de la vitesse, nous avons peur du sexe, nous avons peur de l’alcool, nous avons peur du tabac, nous avons peur de la côte de bœuf, du poulet, nous avons peur de la dioxine, nous avons peur de la délocalisation, nous avons peur de l’effet de serre… Je suis certain que l’année prochaine nous aurons peur des nanotechnologies parceque l’on fabrique des crèmes solaires avec, et nous assistons à une véritable prolifération des peurs, pratiquement chaque année. Ce qui est nouveau dans ces proliférations des peurs, ça n’est pas la peur en tant que telle qui est un phénomène très ancien, une passion humaine qui existe depuis toujours. On dit chez nous en France que nos ancêtres les Gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête. Ce n’est pas nouveau, et ce n’était pas plus raisonnable que d’avoir peur du poulet ou de la côte de bœuf. Ce qui est nouveau, c’est la déculpabilisation de la peur. C’est le fait que nous n’avons plus honte d’avoir peur. Quand j’étais petit, et je suis sûr que c’était la même chose pour vous, on nous disait : « la peur, ce n’est pas bien. Un grand garçon, ça n’a pas peur ». Un grand garçon, quelqu’un qui devient adulte, c’est quelqu’un qui surmonte les peurs. Aujourd’hui on a, probablement sous l’influence des mouvements écologistes contemporains, une espèce de déculpabilisation de la peur, comme si la peur était devenue une passion positive, une passion qui est supposée nous rendre plus sage, plus prudent, plus vertueux ; la peur est déculpabilisée. […]

 

Lorsque l’on y réfléchit, on s’aperçoit que derrière toutes ces petites peurs, petites peurs particulières, petites peurs locales, il y a une grande peur diffuse, c’est la peur que les hommes politiques ou les femmes politiques n’aient pas assez de pouvoir, ne fassent pas les réformes, que le politique arrive toujours un peu trop tard, soit un peu trop mou, qu’il soit entravé, que, par exemple, sur la traçabilité des OGM, les politiques arrivent toujours trop tard, qu’ils arrivent après coup et qu’ils n’ont pas suffisamment de pouvoir. Il y a, en tout cas en France, cela se développe très fortement, une espèce de peur de l’impuissance publique. L’idée que les politiques n’auront jamais le courage de faire les réformes, qu’ils n’auront jamais la volonté de le faire, il faut s’interroger sur les raisons de cette situation.

 

Je crois qu’à ce sentiment d’impuissance publique, il y a deux raisons majeures qui sont très profondes, et qui ne sont pas du tout suffisamment présentes dans le débat public. Il y a une raison qui tient au fonctionnement de la presse. Il y a dans le fonctionnement de la presse quelque chose qui en effet est inquiétant, dont les journalistes sont les premières victimes, qui est la logique de l’audimat, la logique de la recherche d’audience et paradoxalement les journalistes sont les premières victimes de cette logique, ils n’y peuvent rien. Quand vous présentez une émission sur une grande chaîne de télévision en prime time, vous êtes obligé de faire l’audience qui est attendue par le directeur de la chaîne, sinon vous êtes renvoyé, tout simplement. On a là, bien évidemment une contrainte qui pèse sur les journalistes en premier. […]

 

Le métier d’homme politique, disait Hubert Védrine, c’est le métier le plus difficile du monde. Parce que c’est comparable à un métier d’un chirurgien, un métier d’un médecin, d’un docteur, qui devrait opérer un petit garçon devant : 1) la famille au grand complet ; 2) les télévisions, les journalistes, si possible avec CNN Live ; 3) avec les avocats de la famille, parce que l’on ne sait jamais ; et puis 4) avec les confrères, les autres médecins qui regardent l’opération, et vous connaissez tous la définition de la confraternité, c’est une haine vigilante. Voilà la réalité de la vie politique, et dans ce cas-là, le scalpel tremble un peu.

 

Et donc je crois que la première raison, c’est qu’en effet les ministères se transforment aujourd’hui en agences de communication. Pratiquement, 99% du temps est passé plus à la communication qu’à l’action. Et c’est lié à cette situation qui nous est faites par la vie médiatique.

 

Et puis la deuxième raison, au-delà de la médiatisation, c’est je crois la globalisation. La mondialisation, la globalisation, retirent aux hommes politiques beaucoup des pouvoirs qu’ils avaient encore il y a vingt ans, trente ans, quarante ans, lorsque l’Internet et les marchés financiers n’existaient pas. En rentrant de Porto Alegre, au Brésil, où j’étais allé au forum social, […] j’ai retenu une chose très juste que les altermondialistes disent : c’est que le monde aujourd’hui nous échappe. Il y a ce que j’appelle la dépossession démocratique, nous sommes dépossédés – non seulement les simples citoyens, mais même les hommes politiques de premier plan – du pouvoir qu’ils avaient il y a encore trente ans sur le court du monde. Il y a quarante ans, disait le président Chirac, avec six ou sept chefs d’Etat, après le déjeuner ou après le dîner, on se tapait dans la main, et on fixait le prix du cacao, du sucre ou de la banane. Aujourd’hui ce sont les marchés financiers qui le fixent, et les marchés financiers nous échappent. Là où certains altermondialistes se trompent, c’est qu’ils pensent que derrière, il y a des gens qui tirent des ficelles comme on dit, qu’il y a des gens qui contrôlent ces marchés financiers : ça n’est pas vrai. Si c’était le cas ce serait presque une bonne nouvelle. La vérité c’est que personne ne contrôle ces marchés financiers et qu’on a affaire à des processus qui sont complètement automatiques et aveugles, que personne ne contrôle. C’est cela que j’appelle la dépossession démocratique. Et c’est cela qui pose un très grand problème politique qui est le problème de savoir comment reprendre le contrôle de la main sur ce court du monde qui nous échappe en grande partie. Les politiques n’aiment pas le dire mais ils ont beaucoup, beaucoup moins de pouvoir que les citoyens ne l’imaginent. Et c’est ça la réalité du pouvoir politique.

Par Mr Vandermeulen
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Mardi 5 février 2008
Le processus même du capitalisme est grandement amélioré par le marché électronique.
Par Mr Vandermeulen
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Lundi 19 novembre 2007

m02.jpg Voici ce que l’on peut désormais lire sur le site http://martine.logeek.com/index.php, l’étonnant jeu en ligne consacré au détournement de la série Martine :

 

Désolé, le Martine Cover Generator n’existe plus...

 

Pour ceux qui arrivent un peu tard : ce site permettait de créer des parodies de couvertures de la série pour enfants "Martine". Il suffisait de choisir une couverture, puis de remplacer le titre original par un titre de son choix.

 
A la demande (amiable) des éditions Casterman, le site a fermé ses portes le 18 Novembre 2007. Toute l’équipe du site tient à vous remercier pour vos contributions, vos nombreux mails de remerciement, et pour ces grands moments de rigolade !

 

Sur le site écran.fr un extrait d’un article et d’un court entretien avec l’auteur du site :

L’expérience aura duré exactement un mois, de son lancement le 18 octobre à sa fermeture, hier, dimanche 18 novembre. Un mois de détournements mis en ligne, envoyés ou imprimés. Un mois de buzz sur le net, puis dans tous les médias, qui éclipsa tous les précédents par son ampleur et sa durée. Et, un mois avant que Casterman contacte les responsables du site pour demander sa fermeture.

 

On pouvait pourtant penser que l’éditeur laisserait faire, le générateur apportant un sacré coup de jeune à l’héroïne un peu défraîchie de Delahaye. Et un bon coup de pub à la série, quelques semaines avant Noël. Selon Deelight, l’auteur du site, c’est probablement le fait qu’en cherchant « Martine » sur Google, le site parodique (et les multiples articles qui lui sont dédiés) apparaissent avant le site officiel, qui les a incité à réagir.

 
Vous expliquez avoir fermé suite à une « amiable » demande de Casterman. Qu’entendez-vous par « amiable » ?
J’ai été directement contacté par le service juridique des éditions Casterman. Ils m’ont indiqué que compte tenu de l’objectif désintéressé de mon site, ils renonçaient à toute action juridique à mon encontre pour autant que je le ferme sous 72 heures. Je ne sais pas s’il seraient allés jusqu’au procès, mais je n’avais aucune envie de le vérifier.

 

  martine01.jpg martine02.jpg martine03.jpg

Question : La maison centenaire aurait-elle perdu son humour d’antan ? Développez.

Par Mr Vandermeulen
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Lundi 15 octobre 2007

 

radiohead.jpg Eh bien, Maverick, veux-tu bien ranger ton mp3, oui ?!! Non mais ! Est-ce des manières d’écouter son baladeur en classe ? Allez ! range-moi ça tout de suite ! Comment ? C’est le nouveau Radiohead ? Mais je m’en coltine le turlupinpon, mon petit ami, que ce soit Radiohead, Bon Jovi ou Joan Baez, je m’en fiche ! Comment ? que dis-tu, Maverick ? Tu l’as acheté 10 cents sur le site officiel du groupe ? Quoi ça ? le dernier Radiohead ? Ah bon ? Aaah ! mais oui ! j’ai lu un article sur ce sujet dans Trends-Tendances, mon magasine économique préféré ! Attendez, je l’ai justement dans mon cartable, où est-il ? Alors… non, c’est pas çaa… c’est pas ça non pluuuus… Ah ! Voilà ! Trends-Tendances ! Alors, où est cet article, encore… « Qui sera Marketer de l’année 2007 ? » c’est pas çaaa… « Citigroup réorganise en profondeur son activité "marchés" » c’est pas ça non pluus… Ah ! « Radiohead fait un pied de nez aux majors du disque » ! Ecoutez ça, les enfants : « Le groupe britannique Radiohead secoue l’industrie musicale. A partir du 10 octobre, leur nouvel album In Rainbows sera téléchargeable sur leur site à un prix fixé par l’internaute. Le groupe fait un beau pied de nez aux maisons de disques et à iTunes ! » et ceci : « "Cela influera-t-il sur la manière dont le consommateur perçoit la valeur de la musique d’artistes moins connus?", s’interroge Martin Williams, du magazine britannique Music Week. Un analyste de déclarer "si vous êtes totalement inconnu, vous ne pouvez pas risquer l’aventure et vous avez obligatoirement besoin de marketing." ».

 

Bon, Maverick, tout ça vaut bien une petite interro surprise, n’est-ce pas ? Si, si, si, si !

 

Question : Pourquoi M. Bourguignon, quand il vend un nouveau numéro de sa Science Infuse, le fait-il sur le même mode que le groupe Radiohead, alors qu’il ne bénéficie aucunement de la même aura publicitaire ?

Par Mr Vandermeulen
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Jeudi 4 octobre 2007

Eh bien ! Qu’est-ce que cela ! On s’en va faire des photocopies et c’est le vacarme ?! Interro surprise ! Tout le monde prend une feuille de papier libre, on n’oublie pas son nom, son groupe, la date… Question : Le livre de Jean Bourguignon titré Dictature écologiste est sélectionné pour le Prix Tournesol qui sera décerné par les Verts au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en janvier 2008. Les autres candidats en lisse sont : Les indégivrables n°2 de Xavier Gorce (Inzemoon) ; Betelgeuse n°5 de Léo (Dargaud) ; Comic Styx de Marco (Orbis Pictus) ; Chronique du proche étranger : en Tchétchénie de Rash & Tamada (Vertige Graphic) ; Toxic Planet n°2 de David Ratte (Paquet) ; Voyageur n°1 de Pierre Boisserie et Eric Stalner (Glénat) et Nina au coeur de la favela de Loïc Sergeat (Albin Michel).

Expliquez en 5 lignes au moins pourquoi Jean Bourguignon ne gagnera jamais le Prix Tournesol 2008 ?
Et on fait attention : les points comptent pour la fin de l’année !

Par Mr Vandermeulen
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Dimanche 30 septembre 2007

11-07-2007.jpg Eh bien voilà, les enfants ! on parle de plagiat, et me voilà spolié par ma propre famille ! Mon petit-neveu, lui aussi, ouvre son blog !

 

Aaah… mais je vois qu’il y en a qui ne suivent pas… doit-on parler de plagiat dans ce cas précis ? Rappelons-nous ensemble ce que disait la Pléiade de Ronsard à ce propos : Le procédé du plagiat est en général réprouvé, surtout s’il s’agit de l’imitation d’un Français par un Français, à moins qu’il ne s’agisse d’un jeune auteur faisant encore ses classes et qui copie un ancien… Ah ! Aahh ! alors, mon petit-neveu est-il si plagiaire que ça ? On prend une feuille lignée, on inscrit la date en haut à droite, nous sommes le 30 septembre 2007, on place son nom en capitales dans la marge en haut à gauche et l’on n’oublie pas d’inscrire la catégorie de son groupe. Question : (on n’oublie pas de souligner deux fois le titre de la question avec son bic vert) David a-t-il le droit de copier son oncle ? développez.

 

Blog Fritz Haber

Par Mr Vandermeulen
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  • : Né en 1925 à Saint-Pol-Sur-Ternoise, Léopold Ferdinand D. Vandermeulen s’est surtout fait connaître dans les milieux pédagogiques francophones pour son célèbre programme éducatif « Savoir Pour Tous », lié principalement à La Petite Bibliothèque des Cultures Contemporaines (PBCC), collection d’ouvrages de vulgarisation à l’usage des jeunes, dont il est le fondateur et le principal Directeur depuis 1968.
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