Mais
qu’est-ce que cette histoire de Sankta Lucia ?! enfin cette Sainte Lucie, là ! entends-je d’ici ? Calmons-nous, les enfants, une chose à la fois.
Sainte Lucie fut tout simplement une sainte fêtée par les Suédois – Oui, je sais, les Suédois étaient protestants, et les protestants rejètent le culte en l’honneur des saints, mais l’Histoire n’en est pas à son premier paradoxe, n’est-ce pas ? Ils en rejètent le culte, mais pourquoi cela ne les empêcheraient-ils pas d’en commémorer quelques-uns, hein ? Les luthériens voyaient seulement les saints comme des modèles de foi, et non pas comme des intercesseurs. Bien sûr, si une sainte souhaite absolument apporter quelques petits cadeaux aux enfants, on peut toujours s’arranger et lui faire une petite place dans la chaumière, mhm ? Allez ! cesse de faire le malin Pierre-Henry, et écoute sans interrompre, s’il te plaît !
Oui, Pierre-Henry, je sais très bien que le luthéranisme fut introduit par Hans Tausen, un ancien moine qui avait été étudiant de Luther à Wittenberg, qu’est-ce que tu crois ?!!
Bien ! Tu as fini ton petit cirque, je peux continuer ? Où en étais-je ? Ah ! C’est malin ! J’ai perdu le fil de ma leçon, à présent !
Ah oui ! voilà ! Sainte Lucie… Sainte Lucie, que les Alsaciens adoptèrent lorsque les Suédois envahirent l’Alsace en 1632. Pourquoi l’adoptèrent-ils ? Eh bien, ma foi, heuuu…. Mais parce que les Alsaciens étaient eux aussi protestants, pardi ! Tout cela reste furieusement logique ! Que veux-tu me faire dire d’autre, Pierre-Henry ? Mmh ?
Bien. Comme nous le rappelle Pierre-Henry, nous ne devons pas oublier que dès la première moitié du XVIe siècle, la plupart des protestants d’Alsace s’étaient eux aussi orientés vers le luthéranisme. Calvin a passé lui-même trois années à Strasbourg, de 1538 à 1541, devenant ainsi le premier pasteur de la paroisse réformée de Strasbourg !
Bref.
Toujours est-il que ce furent ces invasions suédoises qui donnèrent naissance à des dictons mettant en garde les méchants enfants afin qu’ils ne se fassent emporter par les cruels Suédois. M. Bernard Vogler, dans son Almanach de l’Alsace nous en rappelle par exemple celui-ci : « Protèges-nous du Turc et du Suédois, mon Dieu ».