Ghinzu

Publié le par Mr Vandermeulen

Le célèbre gratuit culturel bruxellois Zone 02 m’a contacté pour que je les gratifie d’un petit panégyrique consacré à qui je l’entendais. Ceci fut fait, et c’est bien entendu la jeunesse que je me suis résolu d’honorer. Je retranscris ici ce petit papier.


Malgré mon grand âge, je dois confesser que j’apprécie tout particulièrement ce groupe de pop-rock musique nommé Ghinzu. Cela pourrait étonner ceux qui me connaissent mal, mais permettez-moi de rappeler à vos lecteurs que j’ai été très tôt rompu à ce que l’on nomme la culture rock. Vous savez, j’ai été jeune moi aussi, et les puissances impérieuses du romantisme m’ont également porté ! J’ai par exemple vu « Monsieur 100.000 volts »  à l’Olympia, en février 55, en vedette américaine de Lucienne Delyle ! Nous étions à cette époque comme fous-furieux, nous arrachions les fauteuils ! Alors, pensez donc, lorsque ces jeunes Ghinzu m’apprirent qu’ils allaient eux aussi voir leurs lettres rouges accolées au fronton de la plus belle salle du monde, après Gilbert Bécaud, Frank Mickaël et Frédéric François… Ah ! Quelle belle consécration, m’étais-je dit ! J’adore le rock, vous savez. Et je ne vous ai encore rien dit du temps où je dispensais dans les années 1980 à l’université de Pasadena, lorsque j’allais aux concerts des terribles punks Bon Jovi ! Bien entendu, les Ghinzu ne sont pas aussi hirsutes et violents que pouvaient l’être les terribles Bon Jovi, mais il existe entre ces deux formations une filiation artistique forte, un certain désir de puissance. Avant tout, je dirais que j’apprécie les Ghinzu pour leur souci de ne jamais négliger l’élégance. En cela, ils sont toujours bien mis ; il faut dire que le chanteur John Stargasm sait de qui tenir : son oncle n’est rien moins que le grand créateur Olivier Strelli, chantre de l’élégance belge, couturier de Mick Jagger comme du Prince Philippe ! Tradition et modernité, c’est tout Ghinzu ! C’est peut-être une vétille pour vous, mais pour quelqu’un de ma génération, bien présenter, c’est un détail qui tient de l’essentiel. Voyez les Sigue Sigue Sputnik de triste mémoire et leurs abominables allures ! Le public ne les a pas retenu. Et pourquoi donc ? Eh ! mais parce que, définitivement, ces zazous-là présentaient trop mal, voyons ! Alors oui, bien sûr, les Ghinzu portaient ces étranges coiffures à leurs débuts, et ce ne fut pas ce que j’ai préféré, croyez-le bien, mais depuis qu’ils ont cessé, que constatons-nous ? Eh ! mais le succès, pardi ! 

Publié dans Humeurs

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