Des racines de l’écologie, Hæckel #6

Publié le par Mr Vandermeulen

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Comme le souligna très bien Hannah Arendt dans son second livre sur les Origines du totalitarisme, M. Haeckel fut à ne pas s’y tromper un précurseur de la doctrine biologique d’État et sa conception biologique de l’homme, ses « idées eugénistes », pourrait-on dire, avec lesquelles le Pr. Haeckel alimenta si bien sa religion, connurent dans les années 1930 une très importante réception au sein de l’idéologie nazie ainsi qu’une mise en pratique de triste mémoire. « Ernst Haeckel disant, par exemple, qu’une mort miséricordieuse éviterait des dépenses inutiles aux familles et à l’Etat » (1).

 

Mais l’une des grandes phrases de M. Haeckel, s’il fallait citer notre professeur, fut sans conteste celle-ci : « l’ontogénèse récapitule la phylogénèse ». Cela fait un peu chinois pour vous, mes chéris, mais c’est en réalité très simple : par là, notre sacré professeur voulait dire que les mammifères reproduisent le processus de l’évolution alors qu’ils ne sont encore de petits embryons tout mignons.

 

Après les thèses de Darwin, il apporta aux thèses du gradualisme de nouvelles vues très appréciées par Adolf Hitler. Et les arborescences de la classification des êtres, en ordres, familles, genres et espèces, de se muer grâce au Pr. Haeckel en arbres généalogiques, et l’évolution progressive d’être inventée et prônée, et la continuité de l’embryogenèse, du petit œuf au nouveau-né, de démontrer la continuité de l’évolution de l’amibe à l’homme.

 

Voici aussi comment le Pr. Haeckel gagna sa place d’honneur dans la propagande de l’avortement, les enfants ! Et notre bon apologète calviniste, Cornelius Van Til (1895-1987) de s’exclamer à ce sujet, avec un effroi qu’il espérait communicatif : « Si les premiers stades de la vie embryonnaire représentent d’antiques étapes de la phylogenèse, l’avortement précoce n’est plus un infanticide : ce n’est encore qu’un poisson, un reptile ou un lémurien que l’on tue ! Un humain en puissance, peut-être... Mais pour l’heure un simple vertébré en cours d’évolution, et dont la disparition n’a d’autre importance que celle d’un lapin en chemin vers le civet... On ne pouvait rêver meilleure dédramatisation du crime satanique. C’est pourquoi les défenseurs de la vie devraient comprendre combien leur combat perd de sa force logique s’ils continuent de croire que l’homme descend de l’animal. »

 

Ah ! sacré Cornélius ! Ce qu’il pouvait être lyrique quand il s’emportait…


(1) Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, éd.
Quarto, Gallimard - 2002. p. 442.

Publié dans Leçons du groupe A

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