Publicité

Lundi 27 avril 2009


La nouvelle de science-fiction La Journée d’un journaliste américain en 2889 est assez peu connue. La tradition littéraire l’attribue à Jules Verne, mais elle fut en réalité écrite en 1888 par son fils Michel. Comme son titre le laisse supposer, cette nouvelle décrit, sur un ton ironique et grinçant, le devenir des dérives journalistiques. On y suit, le temps d’une journée, du matin au soir, M. Francis Bennett, un magnat de la presse abject, d’une puissance si vaste qu’elle englobe déjà le monde. Francis Bennett est un personnage de fiction, mais il repose néanmoins sur le modèle d’un réel homme de pouvoir de l’époque, James Gordon Bennett Jr, puissant et richissime patron du New York Herald, journal à très grands tirages crée par James Gordon Bennett Sr en 1835. (1) On s’amusera d’apprendre que la nouvelle fut initialement commandée à Jules Verne par ce fameux James Gordon Bennett Jr. (2) Jules Verne ne répondra jamais à l’invitation. Ce fut son fils Michel qui accomplira la tâche, mais trois ans plus tard, et pour un tout autre journal, The Forum. Que le personnage principal de La Journée d’un journaliste ait été baptisé Bennett n’est donc pas un hasard, même s’il est difficile d’avancer de façon sûre que ce choix traduisait une réelle attaque satirique ou seulement le témoignage amusé d’une amitié. Car si l’on sait mesurer à quel point la lecture de La Journée d’un journaliste peut frapper le lecteur d’aujourd’hui, il nous est bien plus difficile de savoir si l’homme du XIXe siècle, à la lecture des exubérantes prospectives avec lesquelles Michel Verne mettait en scène un monde médiatique centralisé, y voyait une chose absolument distrayante et amusante, ou, au contraire, en dégageait une vision du monde à venir décourageante et sinistre. Probablement que Michel Verne lui-même jouait-il avec ces deux visions des choses. Un certain enthousiasme scientiste transparaît dans un inventaire incessant de trouvailles technologiques, tels que vidéo-conférence, call center, utilisation d’autres supports de diffusion que le papier, etc. Ainsi qu’une énumération des plus belles dérives propres au journalisme : monopole centralisé, gestion des sujets selon la publicité, influence prédominante sur les décisions d’Etat, divulgation d’éléments propres à la vie privé d’autrui, accointances avec les différents pouvoirs, prédominance de l’anecdotique et du spectaculaire sur l’analyse et l’information, etc, etc.

Quoiqu’il en soit, l’on est bien forcé de le constater, l’exubérante pochade de Michel Verne voyait terriblement juste. C’est la raison pour laquelle les auteurs Vandermeulen & Guerse ont cru bon et nécessaire d’adapter ce récit en bande dessinée et de lui offrir une nouvelle lumière. Parce que cette nouvelle de plus de 120 ans nous dévoile avec une acuité saisissante ce qu’est devenu exactement le monde des médias. Mais attention, car cette farce de Michel Verne, qui nous apparaît aujourd’hui comme une prophétie accomplie, ne devrait pas nous faire croire qu’elle s’est réalisée il y a quelques années seulement. La projection de Michel Verne n’a certainement pas attendu si longtemps pour devenir opérante : en 1898 déjà, dix ans seulement après la publication de La Journée d’un journaliste, le grand magnat de la presse William Randolph Hearst (le fameux modèle qui inspira Citizen Kane à Orson Welles) était déjà rendu responsable par certains de ses contemporains d’avoir provoqué la Guerre hispano-américaine dans l’unique but de faire connaître son média et d’augmenter les ventes de son journal. Une critique que l’on pouvait également formuler à l’encontre de son concurrent de l’époque, Joseph Pulitzer (celui-là même qui imagina le prix qui porte son nom), patron du New York World. (3)

Comme le disait déjà en 1872 le socialiste allemand Wilhelm Liebknecht (père du célèbre spartakiste) : « A un historien impartial et impitoyable de l’avenir une année de parution de nos journaux suffira pour prononcer le verdict de condamnation sur les états de choses actuels dans l’Etat et la société ». Cette expression clairvoyante qui souligne bien l’accointance étroite qui a toujours lié le journalisme au modèle capitaliste, démontre à quel point La Journée d’un journaliste n’est pas un texte aussi prophétique que l’on voudrait le croire. Comme l’illustre parfaitement la critique de l’époque, les pratiques journalistiques, qu’elles se lisent à différents niveaux dans Balzac, au sein du Bel-Ami de Maupassant ou dans les analyses de Karl Kraus, ne se sont certainement pas déclarées, comme se plaît à le propager notre actuelle presse auto-critique, à partir de la seconde moitié du XXe siècle. C’est la leçon que nous enseigne La Journée d’un journaliste : le journalisme n’a jamais connu d’âge d’or, de temps idyllique où tout serait vertu et probité. Dès ses balbutiements, dès son avènement sous forme industrielle, le journalisme a toujours présenté les pires travers, des dérives funestes exactement identiques à celles que nous constatons aujourd’hui. Le journalisme ne fonctionne pas seulement sur le même mode que le capitalisme, il en est son extension ; le seul problème de la périodicité le prouve. Kraus se demandait déjà pourquoi la presse s’évertuait à être quotidienne. Ce simple engagement oblige de fait la presse à chercher de quoi remplir ses pages, à produire non plus pour un but, mais à produire pour produire et ne pas disparaître. Voilà pourquoi les éditions Six Pieds sous Terre publient aujourd’hui La Journée d’un journaliste américain en 2889, non parce que le constat de Michel Verne s’est aujourd’hui réalisé, mais parce qu’il s’était déjà réalisé en 1888.

(1) James Gordon Bennett Jr, tout au long de sa jeunesse, bénéficia d’une éducation au sein des écoles et des universités françaises, ce qui amena le journal, aux faîtes de sa gloire, à connaître une édition européenne établie à Paris (édition devenue aujourd’hui le International Herald Tribune, journal encore en activité).

(2) Le plus puissant média des années 1880 proposant à un écrivain de rédiger en ses colonnes une nouvelle qui décrira ses futures dérives, voilà une requête masochiste qui n’étonnera pas la presse autocritique d’aujourd’hui, toujours apte à souligner ses propres travers en guise de réflexion éthique.

(3) Personnage qui lui aussi inspira très probablement le Bennett de Michel Verne puisque c’est Pulitzer qui fit construire, pour établir le siège de son empire, le New York World Building, le plus haut bâtiment du monde de son temps.

Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 16 avril 2009
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Télévision scolaire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 13 avril 2009

Initialement, la musique « blues » est une forme musicale à part entière et n’est pas à proprement parlé ce que l’on pourrait appeler une sous catégorie de la rock musique, même si, la rock musique depuis de nombreuses années maintenant, s’est appropriée tout ce que sont les spécificités du « blues ». Comme beaucoup de genres musicaux modernes, le « blues » a vu sa naissance aux Etats-Unis d’Amérique, et spécifiquement au sein des populations afro-américaines. L’une des caractéristique majeure de la « blues rock musique » se situe dans l’expression d’une certaine mélancolie, pour ne pas dire une tristesse.

Le terme « blues » vient de l’abréviation de l’expression anglaise « Blue devils » ( « diables bleus » en français, on ne sait pas très bien pourquoi, ni s’il faut y voir un rapport avec les « diables rouges », les vaillants footballistes belges). Toujours est-il, qu’ils soient bleus ou rouges, ces diables rappellent surtout les « idées noires ».

Tout cela est très coloré.

Le blues a cette particularité de faire croire à son auditeur que le morceau joué est très long, voire interminable (alors qu’il n’en est rien). C’est à cela que ce reconnaît un « bon blues ». Comme nous le prouve la chanson de ce célèbre chanteur de « blues ».

Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Pour papa et maman
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 1 avril 2009

Le mot biographie, s’il est bien issu du grec, n’est pas si commun que l’on pourrait le penser. Depuis Suétone et sa Vie des douze Césars, jusqu’au XVIIe siècle, moment ou apparaît pour la première fois le mot biographie dans les dictionnaires – dans le Trévoux 1721, précisément – on a toujours préféré le mot vie pour définir le genre littéraire qui aborde le destin d’une personnalité. La première occurrence du mot biographie remonterait toutefois au VIe siècle. Le mot y est pour la première fois employé vers 490 dans La vie d’Isidore de Gaza, une œuvre du philosophe grec néoplatonicien Damascius, (ignorant son nom, on a pris l’habitude de le désigner par sa ville d’origine, Damas).

Et comme le remarque très justement le Professeur de langue et de littérature latines Ratti dans son cours sur les origines antiques du genre biographique dont nous nous servons pour ces leçons : « Il faut remarquer tout d’abord que le genre biographique a de très fortes connexions avec

l’épopée. On affirme la plupart du temps que l’histoire gonfle volontiers ses voiles du souffle épique. On évoque alors le grossissement épique chez Tite-Live ou Ammien Marcellin, dans des pages indéniablement héroïques. Je crois qu’il convient, en réalité, de dire l’inverse : l’histoire se souvient qu’elle a été épopée. Lucain en inventant l’épopée historique dans la Pharsale ne fait pas évoluer le modèle virgilien : il réinvente un genre ancien ! »
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Histoire-Géo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 18 mars 2009

Les deux grands autres auteurs qui ont approché le biographique sont bien entendu les historiens Suétone et Tacite. On a tendance à entrevoir l’œuvre de Suétone – celle, fameuse entre toutes des Vies des douze Césars – comme une œuvre plus proche du mode biographique que celle de Tacite, qui serait plutôt un genre qui, comme ses titres Annales ou Histoires le font penser, dériverait de l’historiographie pure, ce qui en ferait une entreprise à mettre du côté des œuvres purement analytiques. Mais ce serait oublier ce qu’en disaient les intellectuels de l’époque, et par exemple Eusébius Hieronymus – Saint Jérôme, Kévin – lorsqu’il désignait l’œuvre historique complète de Tacite non pas sous le titre imposé par la tradition humaniste d’Histoires ou d’Annales, mais bien par le titre générique de Vitæ Caesarum !

La chose peut rencontrer des effets contraires lorsque par exemple, l’auteur anonyme de l’Histoire Auguste, ce recueil de biographies reprenant les vies d’empereurs romains (d’Hadrien à Numérien) datant du IVe siècle, se considère lui-même non pas comme un biographe, mais bien comme un auteur d’annales ! (Il faudrait d’ailleurs que je vous reparle un jour de cette merveilleuse aventure qui accompagne l’Histoire Auguste tant ce texte, considéré tantôt comme une œuvre majeure, tantôt comme un faux, a fait s’entrepoigner plus d’un philologue ! Ah ! les philologues ! effroyable engeance !)
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Histoire-Géo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 12 mars 2009

On est en droit de considérer le Vitæ Excellentium Imperatorum, soit en français le Traité sur les Grands généraux des Nations étrangères, de l’historien latin Cornélius Népos (env. 95 av. J.-C. ; env. 29), contemporain de Catulle et de Cicéron, comme l’un des premiers grands recueils biographiques. Composé de 23 biographies, ce livre doit en réalité être apprécié dans une œuvre beaucoup plus vaste qui ne nous est pas parvenue et dont seul le nom nous est resté, De Viris Illustribus, (Des Hommes Illustres). Cette œuvre colossale et largement perdue fut composée en seize catégories, qui toutes se donnaient pour sujet le biographique (tantôt un volume reprenait la vie Des orateurs latins, tantôt un autre celle Des poètes grecs, Des poètes latins, Des philosophes grecs, Des philosophes latins, Des historiens grecs, Des historiens latins, Des grammairiens grecs, etc, etc. On constate à quel point le cadre vaste que Cornélius Népos avait conçu pour son œuvre est inspiré par le désir commun à toute sa génération d’introduire dans l’histoire un esprit et un savoir encyclopédiques. Mais les exégètes s’accordent à penser que l’œuvre de Cornélius Népos a quelque peu manqué son but, cela même d’un point de vue de l’érudition. En effet, même si l’on y retrouve des emprunts à Polybe, Thucydide ou Théopompe, les sources de l’historien seraient peu sûres. (oui, Kévin, je te rassure : si c’est peu sûr, tu n’es pas obligé de commander le livre chez ton libraire). 

Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Histoire-Géo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 8 mars 2009
Devant préparer quelques notes pour mon petit neveu qui doit présenter une allocution sur le biographique dans le cadre des conférences animées par le CNRS au Centre Alexandre Koyré de Paris dans le courant du premier semestre 2009, j’inaugure ici, pour lui, mais aussi beaucoup pour vous, mes chéris, une suite de courtes leçons sur les origines du mode biographique. Si l’on s’en tient à ce que disait le grand historien italo-juif Arnaldo Momigliano (1908-1987) à propos des origines de la biographie, on serait en droit de considérer avec lui que ce fut dans Xénophon (env. 428 à 355 av. J.-C.) que l’une des premières manifestations du genre se décela, lorsque notre Athénien spartophile nous conta dans son Agésilas, les grands moments de la vie du roi de Sparte. Mais ce texte, à la fois éloge et biographie, n’est pas sensu stricto ce que l’on entend de nos jours par une œuvre biographique. Cela de la même façon que l’on décèle, dans certaines autres grandes œuvres de la Grèce Antique, des parties ou passages qui, si nous les détachions de leur corpus, présenteraient des atours suffisamment séduisants pour que l’on puisse les entrevoir comme de véritables biographies ; on pense ici bien sûr aux pères de l’histoire, Thucydide (460 av. J.-C. ; 400 av. J.-C.) qui dans sa sublime Histoire de la Guerre du Péloponnèse s’attarde longuement sur la vie de Périclès, et, bien sûr aussi, à Hérodote (env. 484 av. J.-C. ; 425 av. J.-C.), qui dans son Enquête ou encore dans ses Histoires, nous parle de façon approfondie de Cyrus, de Crésus, ou encore de Thémistocle.
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Histoire-Géo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

Mais qu’est-ce que cette histoire de Sankta Lucia ?! enfin cette Sainte Lucie, là ! entends-je d’ici ? Calmons-nous, les enfants, une chose à la fois.

Sainte Lucie fut tout simplement une sainte fêtée par les Suédois – Oui, je sais, les Suédois étaient protestants, et les protestants rejètent le culte en l’honneur des saints, mais l’Histoire n’en est pas à son premier paradoxe, n’est-ce pas ? Ils en rejètent le culte, mais pourquoi cela ne les empêcheraient-ils pas d’en commémorer quelques-uns, hein ? Les luthériens voyaient seulement les saints comme des modèles de foi, et non pas comme des intercesseurs. Bien sûr, si une sainte souhaite absolument apporter quelques petits cadeaux aux enfants, on peut toujours s’arranger et lui faire une petite place dans la chaumière, mhm ? Allez ! cesse de faire le malin Pierre-Henry, et écoute sans interrompre, s’il te plaît !

Oui, Pierre-Henry, je sais très bien que le luthéranisme fut introduit par Hans Tausen, un ancien moine qui avait été étudiant de Luther à Wittenberg, qu’est-ce que tu crois ?!! 

Bien ! Tu as fini ton petit cirque, je peux continuer ? Où en étais-je ? Ah ! C’est malin ! J’ai perdu le fil de ma leçon, à présent !

Ah oui ! voilà ! Sainte Lucie… Sainte Lucie, que les Alsaciens adoptèrent lorsque les Suédois envahirent l’Alsace en 1632. Pourquoi l’adoptèrent-ils ? Eh bien, ma foi, heuuu…. Mais  parce que les Alsaciens étaient eux aussi protestants, pardi ! Tout cela reste furieusement logique ! Que veux-tu me faire dire d’autre, Pierre-Henry ? Mmh ?

Bien. Comme nous le rappelle Pierre-Henry, nous ne devons pas oublier que dès la première moitié du XVIe siècle, la plupart des protestants d’Alsace s’étaient eux aussi orientés vers le luthéranisme. Calvin a passé lui-même trois années à Strasbourg, de 1538 à 1541, devenant ainsi le premier pasteur de la paroisse réformée de Strasbourg !

Bref.

Toujours est-il que ce furent ces invasions suédoises qui donnèrent naissance à des dictons mettant en garde les méchants enfants afin qu’ils ne se fassent emporter par les cruels Suédois. M. Bernard Vogler, dans son Almanach de l’Alsace nous en rappelle par exemple celui-ci : « Protèges-nous du Turc et du Suédois, mon Dieu ». 

Ah ! le charme suranné des almanachs d’antan !
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Religion/Morale
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 20 janvier 2009

Quant à Hans Trapp, le nom de cet épouvantail doit son origine à un personnage historique. Il s’agit très probablement du seigneur Hans von Trotha, un chevalier qui vécut au XVe siècle et qui occupait un château près de Wissembourg, dans l’actuel Land de Rhénanie-Palatinat, au château de Berwartstein. Ce Hans von Trotha avait aux yeux des Wissembourgeois une réputation exécrable, car la ville lui disputait la propriété du château : l’abbaye de Wissembourg avait en effet acquis la forteresse, mais suite à divers conflits l’avait perdu, tout en en restant le propriétaire légal. En 1480 L’électeur palatin Philippe Le Franc, prêta Berwartstein au chevalier thuringien Hans von Trotta et le lui vendit cinq ans après, malgré les protestations de Wissembourg. Von Trotta était entre-temps devenu maréchal du Palatinat. Von Trotha fit du château une véritable forteresse adaptée à l’artillerie, entendant bien le garder. Malgré tous leurs efforts, les abbés de Wissembourg n’arrivèrent pas à récupérer Berwartstein. La position de Hans von Trotha dans l’échiquier politique de ces années là fut tellement protégée, que même un anathème du pape et les tentatives de conciliation de l’empereur Maximilien restèrent sans succès. Il fallut attendre la mort du maréchal en 1503 pour obliger ses successeurs de rendre aux abbés quelques villages, domaines et droits, mais le château de Berwartstein resta la propriété des von Trotha.

On raconte qu’il aurait assiégé la ville de Wissembourg et construit un barrage sur la Lauter afin de priver d’eau la ville, le monastère et ses habitants. Puis, après plusieurs semaines, le barrage étant rempli, il aurait lâché l’eau pour inonder la cité… Pendant de longues années il aurait fait régner la terreur dans la région…


Ce fut ainsi que la figure historique de Hans von Trotha devint le Hans Trapp qui la veille de Noël emporte les méchants enfants dans son sac. Jadis, il venait dans les maisons et faisait réciter une poésie ou une prière, et si les enfants ne le savaient pas, il les fouettait…

Il est amusant de se rappeler que mon petit neveu David brosse dans le deuxième tome de sa biographie consacrée à Fritz Haber, un autre von Trotha issu de la même lignée, prénommé Lothar celui-là, mais tout aussi terrifiant, général des forces coloniales allemandes en Afrique de 1896 à 1908 sous Guillaume II. Celui-là même qui fut responsable du premier génocide du XXe siècle, en tentant d’exterminer la peuplade des Hereros, entre 1904 et 1908.

Hans Trapp sait donc de qui tenir…

Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Religion/Morale
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 13 janvier 2009



Et le Père Fouettard, me diriez-vous dans tout cela ? Eh bien, c’est à ce moment, justement, quand vient le temps au Christkindel d’apparaître aux enfants, lorsque la joie de ces petits derniers est à son paroxysme, qu’une frayeur soudaine est produite : on entend alors un bruit de chaîne, et un affreux personnage nommé Hans Trapp, ressemblant à un épouvantail, qui suit toujours le Christkindel, entre. Il est lui recouvert d’une peau d’ours, il a la figure entièrement noircie, une grande barbe, et il tient dans sa main une verge dont il menace les bambins. C’est en ces moments terribles qu’il demande avec une voix gutturale : « Qui n’a pas été gentil ? » et qu’il tombe sur les désobéissants qui tremblent, pleurent et cherchent à se cacher.


Bien entendu, le Christkindel implore en leur faveur, les enfants promettent de mieux faire, et l’ange les conduit près d’un arbre étincelant de bougies afin de les approcher de quelques jolis cadeaux.

Et les présents de bientôt faire oublier aux enfants les menaces de Hans Trapp, car, c’est bien connu, l’enfant à une mémoire de chat.
Par Mr Vandermeulen - Publié dans : Religion/Morale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le blog de Mr Vandermeulen
  • monsieurvandermeulen
  • : Divers
  • : Né en 1925 à Saint-Pol-Sur-Ternoise, Léopold Ferdinand D. Vandermeulen s’est surtout fait connaître dans les milieux pédagogiques francophones pour son célèbre programme éducatif « Savoir Pour Tous », lié principalement à La Petite Bibliothèque des Cultures Contemporaines (PBCC), collection d’ouvrages de vulgarisation à l’usage des jeunes, dont il est le fondateur et le principal Directeur depuis 1968.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus